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« L’APRÈS-CARRIÈRE SE PRÉPARE ET NE DOIT PAS SE SUBIR », PHILIPPE LAFON
Philippe Lafon président d'Europ sports reconversion.

« L’APRÈS-CARRIÈRE SE PRÉPARE ET NE DOIT PAS SE SUBIR », PHILIPPE LAFON

21/11/2017

Invité lundi dernier à la conférence organisée par la Fondation d’entreprise FDJ et le Think tank Sport et Citoyenneté sur le thème « Sportifs de haut niveau et reconversion, comment négocier le virage » au CNOSF, Philippe Lafon, directeur général de l’UNFP et président d’Europ Sports Reconversion, éclaire nos confrères de News Tank sur le rôle et l’accompagnement proposé par les équipes de l’UNFP dans le domaine de la reconversion des footballeurs.

Philippe, comment l’UNFP aide les joueurs à préparer leur reconversion ?

La reconversion se prépare et ne doit pas se subir. Les sportifs doivent être acteurs de leur après-carrière. Nous aidons le sportif à se reconstruire en l’accompagnant. Europ Sports Reconversion propose des bilans de compétences et un accompagnement en lien avec Pôle Emploi. On parle souvent des 15 à 20 % des joueurs qui gagnent très bien leur vie, mais il y a les autres. En Ligue 2, la salaire moyen est de 12 000 euros mensuel pour une carrière qui dure en moyenne six ou sept ans seulement. Au-delà de l’aspect économique, il y a aussi l’idée de savoir à quoi on sert, comment on peut être utile et comment rendre à la société. La responsabilité des clubs est aussi importante, même si les joueurs sont de passage, pour favoriser la reconversion de ces derniers.

L’IMPORTANCE DU DOUBLE PROJET SPORTIF ET SCOLAIRE

Comment assurez-vous la promotion de Europ Sports Reconversion (ESR) auprès des joueurs ?

Tout simplement grâce au réseau de délégués régionaux de l’UNFP. Avec le taux d’adhésion que l’on a (environ 95 %), on peut dire que les joueurs sont informés. On a plusieurs étapes dans l’information. L’équipe d’ESR, qui est composée de cinq personnes, va sur le terrain pour proposer, dans les clubs, le service gratuit d’accompagnement à destination des joueurs professionnels.

Les délégués régionaux, lors de leur passage, informent également. Il y a aussi l’étape des réunions repas entre janvier et mai de chaque saison où l’ensemble des services de l’UNFP va à la rencontre des joueurs professionnels dans les clubs. Une première étape préalable à la carrière professionnelle existe aussi avec Guillaume Stephan qui intervient dans les centres de formation. Une information est faite tout au long de l’année, régulièrement, par ces différentes équipes.

Vous intervenez donc du début à la fin de la carrière d’un joueur…

Le message n’est évidemment pas le même. On va parler de préparation ou de transition professionnelle pour l’après-carrière. Tandis que dans les centres de formation, on va rappeler l’importance du suivi des études. Aller au moins jusqu’au baccalauréat, puis poursuivre si les joueurs le peuvent. Il faut mettre en avant l’importance du double-projet sportif et scolaire.

QUATRE ANS POUR UN CURSUS DE DEUX ANS, CE N’EST PAS GRAVE

Comment votre message est-il perçu par les joueurs ?

Aujourd’hui, nous sommes mieux écoutés. Les sportifs, et donc les footballeurs, sont plus informés. Désormais, grâce aux moyens technologiques de formation, on essaie vraiment d’adapter le cursus de formation choisi pour la reconversion.

Le sportif ne peut pas passer autant de temps à valider des diplômes qu’une personne qui ne fait pas de sport. L’intérêt, c’est d’adapter ce cursus à sa profession de sportif de haut-niveau, et de pouvoir lui laisser le temps, par unités capitalisables ou d’autres moyens. S’il doit mettre quatre ans pour faire un cursus de deux ans, ce n’est pas grave. L’intérêt est de pouvoir l’accompagner dans cette formation qui lui servira dans son après-carrière.

Existe-t-il des statistiques sur le nombre de joueurs professionnels qui trouvent un emploi dans les clubs à l’issue de leur carrière sportive ?

Nous ne disposons pas de chiffres précis. Il existe des clubs qui sont très impliqués dans la reconversion, comme le Toulouse FC (Ligue 1 Conforama) que je connais bien. C’est un club qui est très développé à tous les niveaux, que ce soit administratif ou sportif.

Les clubs ont parfois tendance à cantonner les anciens joueurs à la partie entraînement, alors que certains veulent aller sur la partie administrative, marketing, développement ou juridique. Aujourd’hui, on développe de plus en plus la formation du sportif, pas seulement pour devenir entraîneur, mais pour être capable de faire autre chose. Cela dépend vraiment de la philosophie de certains clubs. Le RC Lens (Domino’s Ligue 2) fait cela très bien, par exemple. Certains font appel aux anciens joueurs, d’autres moins.

DES PARTENARIATS AU NIVEAU NATIONAL

Les partenariats d’Europ Sports Reconversion en matière de formation diplômante sont plutôt locaux ou nationaux ?

On a développé des partenariats au niveau national, que ce soit pour le baccalauréat, avec le DAEU (Diplôme d’Accès aux Études Universitaires) qui est accompagné par la Faculté de Saint-Étienne, ou le DUGOS (Diplôme Universitaire Gestionnaire des Organisations Sportives) qui est un diplôme universitaire de gestion des organisations sportives avec la Faculté de Lyon.

OFFRIR AUX JOUEURS L’OPPORTUNITÉ D’ÊTRE SUIVI

Notre intérêt est de pouvoir répondre aux footballeurs au niveau national. Localement, cela nous intéresse moins et certains clubs font ce qu’il faut. Mais il faut savoir que pendant deux ans, le joueur va par exemple être à Lens, puis l’année prochaine, il peut se retrouver à Bordeaux ou à Marseille. Forcément, dans ses mouvements dictés par le sportif, il faut lui offrir l’opportunité de bénéficier d’un suivi afin qu’il puisse aller jusqu’au bout de son cursus.

Europ Sports Reconversion (ESR) : plus de 400 footballeurs suivis

• « ESR, c’est d’abord la force d’un groupe, puisque plus de 400 joueurs, tous adhérents de l’UNFP – qu’ils soient encore en activité ou déjà en fin de carrière -, font appel à ce service.
• ESR, c’est aussi l’assurance de travailler en pays de connaissance, puisque l’équipe d’ESR est composée d’anciens footballeurs professionnels qui connaissent les rouages du métier de footballeur et savent appréhender et répondre efficacement aux questions liées à la formation et à la reconversion.
• Via des rendez-vous personnalisés, l’équipe d’ESR optimise vos compétences en suivant des étapes évolutives en fonction de votre profil, telles que la reprise d’un cursus scolaire ou universitaire, l’élaboration d’un projet professionnel, la mise en place de relations avec les organismes de formation pour bâtir un programme, ou la mise en relation avec des acteurs économiques ou institutionnels. »